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mercredi 15 juin 2011

Demain l'économie sera solidaire ou ne sera pas....


L'économie solidaire, c'est demain !
Quand le pire est déjà là, que perd-on à espérer le meilleur ?
La première décennie du XXIe siècle a indéniablement mal tourné : 11-Septembre, guerres en Irak et en Afghanistan, triomphe de Georges Bush, échec de la conférence climatique de Copenhague, montée des extrêmes en Europe, panne de la social-démocratie,crise financière.
Mais l'Histoire n'est pas linéaire et le pire peut être source de renouveau. "Là où croît le péril, croît aussi ce qui sauve" nous rappelle le poète Hölderin. Et l'improbable devient alors possible.
Ainsi, lorsque s'engagent quelques poignées de résistants face à l'oppression fasciste en 1940, leurs petits journaux, leurs idées et leur enthousiasme sont d'abord accueillis avec scepticisme et indifférence. Ils réussirent pourtant par la suite à insuffler un puissant mouvement de Libération et à construire un programme (Conseil national de la Résistance) qui, soixante-dix ans plus tard, garde toute sa pertinence.
L'improbable nous vient des rives méditerranéennes, des pays arabes puis de l'Espagne, de la Grèce et depuis peu, de la France. Des hommes et des femmes, beaucoup de jeunes, face au désarroi présent et à la tristesse d'un avenir annoncé, s'indignent et se mobilisent pour un futur désirable. Leur objectif : redonner tout son sens à la démocratie, politique, économique et sociale.
Nous les rejoignons dans ce combat. Notre ambition humaine ne peut en effet se réduire à produire et consommer, à survivre dans un monde en dérive, à se concurrencer les uns les autres. L'aspiration à bien vivre, épanoui, respecté et actif, est à la fois légitime et réalisable.
A l'heure d'une crise systémique sans précédent, le pseudo-réalisme est une imposture. Ce qui est fantaisiste, c'est de penser que nous pouvons continuer comme avant. Ce qui est vraiment réaliste, c'est de vouloir tout réinventer. Politique, économie, éducation, temps de vie, villes, agriculture : une multitude d'alternatives concrètes, réussies et répliquables constituent d'ores et déjà l'amorce d'une transformation profonde de la société.
PLUS D'ÉQUITÉ
Parmi elles, celles de l'économie sociale et solidaire occupent une place particulière. Des associations pour le maintien de l'agriculture paysanne (Amap) aux coopératives de travail, des finances éthiques aux entreprises d'insertion, des crèches associatives aux entreprises de commerce équitable, elles changent le monde au quotidien, en apportant des réponses efficaces aux besoins fondamentaux de tous.
Elles ouvrent des voies nouvelles en insufflant plus d'équité dans les filières locales et internationales, en supprimant les intermédiaires prédateurs. En favorisant l'essor d'une consommation plus responsable et d'une agriculture biologique et fermière. En permettant un partage plus juste des pouvoirs et des richesses dans l'entreprise.
Ainsi, s'inscrivant dans une économie plurielle, ces initiatives sociales et solidaires tendent à refouler progressivement la domination exclusive du profit et à juguler les formidables dérèglements produits par la spéculation financière.
Mais encore isolées, fragmentées, méconnues, ces dizaines de milliers d'initiatives pionnières d'une économie humaine, doivent désormais converger, pour changer d'échelle et régénérer un système en dégénérescence. "Il y a un autre monde et il est dans celui-ci" disait Paul Eluard.
C'est l'objectif des Etats Généraux de l' économie sociale et solidaire (ESS), vaste processus lancé il y a un an par l'ensemble des acteurs de ce secteur. Cette démarche collective a fait remonter des territoires des centaines de "Cahiers d'espérance" qui seront mis en débat lors d'un rassemblement festif et citoyen exceptionnel, du 17 au 19 juin au palais Brongniart.
Au cœur même du symbole des dérives de l'économie casino, cet événement, ouvert à tous, mettra à l'honneur cette autre économie. Il donnera à voir ses solutions et propositions, sa capacité d'innovation, sa vocation transformatrice qui doivent s'imposer au cœur du débat public, à l'aube d'une élection présidentielle 2012 incertaine et inédite.
Les lieux de mémoire sont souvent ceux de grands retournements : l'ancienne prison de la Bastille, forteresse du pouvoir absolu, est devenue la place naturelle des rassemblements démocratiques.  Sur l'actuelle place de la Concorde s'élevait jadis la sinistre guillotine.
Le week-end du 17 juin, au cœur de Paris, l'ancienne Bourse, où les transactions de valeurs financières faisaient et défaisaient d'immenses fortunes, deviendra le haut lieu des valeurs de solidarité. Aux cris des acheteurs et vendeurs d'actions et d'obligations, se substitueront les échanges d'hommes et de femmes en quête d'un nouveau modèle de développement.
Nous invitons à nous y rejoindre, toutes celles et ceux qui veulent porter haut et fort ce message simple : nous, citoyens libres, égaux et fraternels, pouvons et voulons reprendre la main sur l'économie !
Claude Alphandéry, président du Labo de l'ESS, Stéphane Hessel, ancien diplomate, Edgar Morin, sociologue et philosophe

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