Information Participative

Médias Citoyens Diois continu !

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dimanche 30 août 2009

MédiasCitoyensDiois

Aux correspondantes et correspondants de MédiasCitoyensDiois. Vous pouvez envoyer vos articles, vos brèves et photos à Denis : denis.mauplot@free.fr ou Claude : veyret.claude@wanadoo.fr . Tous les sujets de la Drôme et l' Isère sont traités , mais aussi les enjeux régionaux , nationaux et internationaux qui influent sur le "Local "et apportent une réflexion "Globale".

Débat




Le Peuple comme nouvel ennemi systémique à traquer !
Qui est constamment surveillé et menacé de toutes les sanctions de l’État dit de droit, sinon le peuple ! Aujourd’hui où l’obsession de suivre le citoyen à la trace se corse par toutes formes d’inventions mises au service des autorités qui fichent chacun de nous dans leur base de données, l’on oublie en fait que ce n’est pas pour notre sécurité dont l’État fait l’alibi de cette surveillance, mais celle des privilégiés constituant l’establishment ploutocratique que toutes ces mesures opèrent. Tout désormais est prétexte de filature systémique de l’individu : de la carte bancaire à la carte de crédit ; du cellulaire au GPS en passant par la caméra publique dans les rues, tous servis par des satellites, radars et antennes de plus en plus perfectionnés !
Jamais dans l’Histoire, l’« orthopédie sociale » en temps de paix, n’a été aussi publiquement évidente, performante dans sa quête que j’appellerais « théocratique » d’omniprésence, cherchant à fignoler une ubiquité punitive-dissuasive, une perfection répressive-préventive ! Nous vivons le stade crucial d’un système qui, tout en se proclamant démocratique, fait l’impossible pour corseter l’individu tant dans l’ignorance par la désinformation que dans la « rectitude » asservissante par la surveillance. Système d’un establishment hanté par ses injustices et obnubilé par ses peurs. La paranoïa est de fait la maladie inévitable, iatrogène de cet asile de fous généré par des agresseurs économiques, des cerbères idéologiques craignant constamment la contreviolence de leurs agressés. Apeurés, ils font tout pour faire peur ! Le syndrome du maître et du geôlier, effrayé de savoir qu’à n’importe quel moment l’esclave ou l’écroué peut briser ses chaînes et le tuer pour s’affranchir, semble être la croix de nos riches banquiers et PDG. Car pour la ploutocratie de droit divin maîtresse du mode économique et social dans nos démocraties factices, l’autonomie de penser des citoyens se concertant, constituerait un antibiotique à l’infection nosocomiale qu’elle a planifiée et qui sévit en ses mégapoles-hôpitaux où elle s’efforce de faire « traiter » tous les citoyens contre le mal de liberté latente en l’être humain, parce que potentiellement mortelle pour l’ordre de la cité.
Erreur de croire que les politiciens élus au pouvoir dans le système ploutocratique, sont des hommes ou des femmes, des humains réels ! Ce ne sont, pour la plupart, que des mirages ou automates de la ploutocratie qui écrit pour eux la diégèse, fait la mise en scène du spectacle dont ils deviennent les vedettes, les saltimbanques cossus. Rien que de tristes mirages enrichis, hologrammes héroïsés artificiellement pour la masse des zombis qui les votent et croient en eux ! À l’époque des monarques anciens, les rois qui avaient du caractère imposaient, malgré leur tyrannie féroce, un ordre qui venait d’eux et de leur cour. Aujourd’hui, le despotisme est masqué par les artifices de la "démocratie représentative", le vrai pouvoir étant entre les mains des quelques banquiers et PDG cachés par la kunée des structures. Et ces quelques maîtres du système financier mondial font de la politique une mimesis, magistrale mascarade où ils prédéterminent les scènes pour les vedettes politiques en mal de se faire un nom.
Les politiciens « droitistes » ou « gauchistes », pour la plupart tributaires de la Ploutocratie planétaire, savent bien qu’ils sont moins que rien, moins que l’ombre de leurs maîtres ploutocrates. C’est pourquoi, ils choisissent de traquer le peuple – dont le travail forcé et l’argent nourrissent les banquiers voyous, ces voleurs officiels du système libéral et PDG filous. Les milliards versés par le gouvernement aux crapules prodigues des banques et compagnies par ces temps de crise financière dont ils sont les seuls coupables, en est une nouvelle preuve flagrante et révoltante - tout en souriant au peuple, tout lui arguant de sécurité publique en violant l’intimité des citoyens le constituant. Surveillance de toute activité humaine et service abondant quasi sans restriction aux riches, voilà un cocktail qui s’appelle du despotisme déguisé, de la violence légalisée légale, mais illégitime et inhumaine du pouvoir. L’actuelle crise financière apprend à qui sait regarder et voir avec intelligence, que l’État appartient à quelques-uns (si restreints en nombre que ce n’est même pas une oligarchie) alors que toute la société d’une manière ou d’une autre, est asservie à cet infime groupuscule ploutocratique, ces maîtres du jeu macabre de la macroéconomie, deus ex machina, personnages toujours hors-champ, qui façonnent le faciès socioéconomique des peuples de la planète. On joue avec le système et se joue des masses et de leur émotion privée de recul.
La liberté sociale des peuples ne peut advenir que par l’écartement de cette oligarchie tyrannique qui tire les ficelles de tous les gouvernements. Mais cela exige que les peuples soient humanisés et cessent d’être chose d’automation que l’on actionne par la cybernétique idéologique des grands médias, comme des machines actionnées par des boutons.
Mourir sans coup férir, est vil
Comme je l’ai écrit une fois au sujet des cent cinquante mille fermiers qui se sont suicidés en Inde de 1997 à 2005, quelque tragique et dramatique que soit le fait du suicide, je ne compatis guère au sort des victimes du grand saut fatal lorsqu’il est abandon de l’occasion de révolte qu’engendre le fait de refuser une vie asservie qu’une oligarchie impose par la violence criminelle des lois et structures injustes. Lorsqu’il advient de souffrances sociales liées à de graves privations pécuniaires dues aux politiques appliquées et non de maladies extrêmes et insupportables où il prend la forme insolite d’une euthanasie non médicale, le suicide est pusillanimité irrationnelle et honteuse. Pour combattre la détresse artificielle planifiée par la politique ploutocratique, il faut se révolter, livrer bataille aux esclavagistes, éliminer les bourreaux s’il le faut, imposer ses droits en s’organisant, mais jamais se suicider. De toute façon, celui qui est prêt à mourir pour la justice, doit mourir les armes à la main en affrontant et combattant jusqu’au bout. Car c’est là, que la mort prend allure de résistance et de dignité. C’est là que le départ final de l’opprimé confronté à l’intolérable oppression, marque la grandeur d’âme et l’affirmation humaine. Vaut mieux mille fois être un trublion, un tueur pour ses justes droits que d’être un suicidé de l’oppression. Celui qui meurt au combat, a la gloire d’avoir fait face, mais celui qui se suicide devant l’injustice, qui choisit de mourir sans coup férir, est un indécent qui n’aide à aucune cause, surtout pas à une quelconque solution du sort des siens. Un déserteur de l’humanité abdiquant devant l’appel de cet attribut de liberté qui sied à la dignité de la nature humaine !
En cas d’oppression extrême, quand tout est épuisé et que le bourreau s’accroche comme une bête féroce sourde, sans état d’âme, et menace, il faut neutraliser l’agresseur mais pas se tuer en le laissant faire. Tel est le sens de la justice, telle doit être la foi de l’homme, cet être transcendant né pour la liberté, en son humanité.
Hélas ! Dans la société contemporaine surpolicée, surcontrôlée et constamment surveillée, société de désinformation paroxystique façonnant l’attitude permissive et la collaboration du grand nombre inconscient de sa mise sous contrôle, l’État ploutocratique peut compter sur ses endoctrinés aliénés pour poursuivre son agressive félonie contre la démocratie en sacrifiant les intérêts des immenses majorités !
Jamais la manipulation aisée des majorités via les simulations de protecteur public par le Moloch étatique n’aura été autant synonyme d’aliénation, ou plutôt comme je préfère dire, d’entraliénation, vu le double sens de l’aliénation allant de l’aliénant à l’aliéné, tous deux tarés dans le pathologique ludique de leur rapport, où les victimes consentantes s’identifient si bêtement et orgueilleusement aux intérêts sordides de leur sinistre et patibulaire victimaire.
Camille Loty Malebranche

Signes & marMots

Nouveau dans le Diois : une animatrice Signe Avec Moi et des ateliers de langue des signes adaptée aux bébés.

Signes & marMots propose pour les bébés avec leurs parents (ou grands-parents) des moments de jeux et de chants accompagnés de signes choisis dans le "répertoire" de la vie quotidienne.


Le concept de Signe Avec Moi est fondé sur le respect du rythme de chaque enfant et Signes & marMots est engagé dans ce sens.

Le propos n'est pas d'enseigner à son bébé, mais bien de lui donner un moyen de se faire comprendre clairement avant que n'apparaissent ses premiers mots.


Les ateliers commenceront en octobre, pour tout renseignement :

sylvaine.mauplot@gmail.com ou 06 31 49 36 27

http://signes-et-marmots.blogspot.com/

samedi 29 août 2009

Voyage

Attention au départ !
Après plusieurs mois de gestation et
de préparation au départ, la CARAVANE DE L'ANE ERRANT est sur les starting blocks... Je coordonne le projet de la "Caravane de l'Ane Errant, tournée itinérante à pied avec des ânes, pendant laquelle nous proposons des spectacles de contes et musiques dans les villages traversés. Les intervenants sont la cie du théâtre des chemins, la cie des 7 vents et le groupe de musique Chroulek.
Le départ le 02 septembre 2009 de Saint Roman, retour le 17 octobre.. Nous traverserons une partie du Diois, du Trièves, du Champsaur, du Buëch...Rejoignez-nous en chemin, pour marcher sur une ou plusieurs étapes, ou pour un spectacle. Et, déjà, merci à tous ceux et celles qui ont permis à ce projet de voir le jour...Vous souhaitez participer au départ de la Caravane de l'Âne Errant, et faire avec nous la 1ère étape (jusqu'à Boulc)... Rendez-vous mercredi prochain, le 2 septembre pour un départ à 10h00 au Serre du Sest à St Roman (de Die : route à droite à la sortie de St Roman, 1,5km - guettez 3 ânes et une carriole). Prévoir de l'eau, chapeaux, bons godillots, gilets jaunes éventuellement, imprévus et bonne humeur. Yahouuh !
Claire Alauzen
Valdrôme, 26310
clairealauzen@yahoo.fr
09 50 60 16 96 ou 0670 59 96 95
http://aneerrant.canalblog..com/





Nature


Hécatombe chez les cigognes de passage dans le Diois.
Mardi 25 août 2009 8h30, un appel téléphonique m’annonce qu’une cigogne s’est fait électrocuter à Pont de Quart, commune d’Aix en Diois.
J’arrive sur les lieux rapidement et là ce n’est pas une mais trois cigognes que je vois mortes. Un garde de l’ONCFS présent me dit en avoir trouvé une autre sur un poteau électrique, elle y est encore.
Je relève le numéro blanc sur fond noir d’une cigogne, baguée en Allemagne.
Je vais ensuite voir la cigogne restée sur le poteau, proche de la route départementale allant à Recoubeau, non loin du Moulin de Jansac. Plus loin dans un champ, une autre cigogne vivante mais avec une aile pendante.
Heureusement, encore un peu plus loin dans un grand champ à gauche juste avant l’entrée de Recoubeau, toujours en allant sur Luc en Diois, je compte 47 cigognes posées et recherchant de la nourriture (sans doute des micromammifères). De nombreuses personnes s’arrêtent, touristes et autochtones, prennent des photos, demandent des explications, racontent des anecdotes, se rappellent des souvenirs plus ou moins lointains, plus ou moins nets. Je les informe du rôle de la migration, des dangers qu’elles rencontrent, d’où elles viennent, où elles vont, de l’importance de les laisser tranquilles dans leurs étapes (comme sur le tour de France me dit un enfant)….
Un ami, alerté, arrive avec sa longue vue (je n’avais pas emportée la même ne devant voir qu’un cadavre).
Il arrive à lire d’autres bagues malgré la mobilité des oiseaux et les brumes de chaleur : En tout 27 cigognes minimum baguées sur les 47.
Vers 10h30 le groupe entier s’envole prend une ascendance au dessus du Moulin de Jansac et s’éloigne. Vers 13h, un appel téléphonique m’avertit qu’un groupe de cigognes prend une ascendance à Die en limite avec la commune de Ponet Saint Auban) puis descend la rivière Drôme. Bonne route !
En début d’après midi, un coup de téléphone : une cigogne a été trouvée morte au pied d’un poteau du même type que les autres, près de l’intersection de la route de Luc et de Barnave en allant sur le village de Barnave.
Le soir même un autre ami me téléphone pour me dire qu’une (autre) cigogne s’est fait électrocuter près de chez lui à Recoubeau en allant vers l’ancienne gare, elle avait une bague.
Voilà ce qui a été trouvé et vu cette journée. Cela fait beaucoup, beaucoup trop : 7 oiseaux perdus dans le Diois pour un groupe d’une cinquantaine soit plus de 12% de perte. A ce rythme aucune n’arrivera à destination…
Ces cigognes venaient d’Allemagne et de France (au vu des bagues) elles devaient aller en Espagne puis au Maghreb passer l’hiver.
La migration est un voyage dangereux, c’est un fait : les intempéries, les vents contraires, la raréfaction des sites de ravitaillement et de quiétude sont des obstacles qui entravent leur migration. Elles n’ont nul besoin que nous leur compliquions la tâche. Les poteaux meurtriers doivent être neutralisés ; nous savons le faire, ERDF doit le faire.
Gilbert DAVID, vice-président de la LPO (Ligue pour la Protection des Oiseaux)-Drôme ; 13 bis Boulevard Adolphe Férrier, 26150 Die

Santé



Nous n'avons pas deux ans.
Chacun le sait, si l’hôpital tombe, tout tombera en domino et le Diois ne sera plus, dans dix ans, qu’une lointaine banlieue ou une réserve. Nous n’avons pas deux ans pour voir venir : quatre décisions sont à prendre immédiatement.
Première décision, décider que le projet ne peut pas être le maintien de l’hôpital en l’état, car ce n’est déjà plus tenable, les soignants le disent eux mêmes. Un vrai projet pour l’hôpital est forcément un projet de développement accueillant, à Die des malades extérieurs au territoire.
Deuxième décision : Dire que ce projet de développement doit faire coïncider les intérêts de l’ARH et ceux du territoire, en offrant sur DIE de nouvelles activités de santé nécessaires à l’échelle régionale, et en offrant les moyens d’accueil, d’hébergement et d’activités nécessaires.
Troisième décision : Dire qu’un tel projet réclame la mobilisation générale et la solidarité sans faille : mobilisation de tous les élus de tout bord, implication de la commune et de l’intercommunalité, engagement de tous les praticiens publics et libéraux, à l’hôpital et en ville, soutien du monde économique commercial et touristique, soutien de la population. C’est un projet collectif de territoire.
Quatrième décision : se donner immédiatement les moyens concrets d’agir, de travailler des propositions, de les négocier : il faut une équipe technique de haut niveau, appuyée sur les soignants, dédiée à ce projet. Il est l’heure de lancer ce chantier, d’établir un calendrier de travail, de fixer des étapes et des objectifs, bref de bouger vite, et fort.
Y a t’il un risque qui pourrait justifier d’attendre sans trop bouger ? il nous semble que le plus grand risque serait de ne rien faire.
Europe Ecologie Diois
Les Verts du Diois
Didier JOUVE

vendredi 28 août 2009

Démocratie


L’important c’est de participer
(photo: 500 élus des 42 CLD Rhône-Alpes, ici à Charbonnières les Bains).
Haro sur Ségolène Royal, ses formules dites creuses, son « citoyen expert » et autres « démocratie participative » destinés à masquer une supposée incompétence ! Pourtant, la démocratie participative a suscité l’espoir d’une grande partie de l’opinion, lassée de la suffisance de la classe politique, avide d’expression et en quête d’une autre conception de la politique. Alors, gadget à la mode, utopie, ou fil rouge d’une régénération du politique ?
Si l’on en reste aux seuls forums citoyens, conférences de consensus, conseils de quartiers et même référendums locaux, les procédures de consultation des citoyens s’en trouveront certes améliorées, mais rien n’aura vraiment changé. Beaucoup de bruit pour pas grand-chose... En revanche, prendre la démocratie participative au sérieux et au pied de la lettre peut donner un tout autre sens à la politique. Faut-il rappeler que la démocratie est tout à la fois une méthode de participation au gouvernement et un projet politique toujours inachevé ? Participer, c’est faire valoir un avis, bien sûr, mais plus encore s’informer, apprendre, comprendre, écouter, échanger, discuter, argumenter, s’exprimer, négocier, délibérer... bref, « prendre sa part » au quotidien. Autant dire que cela ne s’improvise pas et que l’on est très loin de la simple démocratie d’opinion, aussi versatile/inconsistante qu’influençable, ou d’une citoyenneté dont l’expertise se limiterait aux cages d’escalier. Une démocratie participative digne de ce nom suppose un citoyen suffisamment éclairé pour contribuer à la construction de l’intérêt général au plan local, mais aussi national ou européen. Cela passe nécessairement par des formes d’organisation pérennes. Et plus particulièrement par les organisations associatives qui s’en fixent l’objectif. Elles ne manquent pas, elles sont même chaque jour plus nombreuses et concernent de plus en plus de Français (1 sur 2) qui les plébiscitent régulièrement du point de vue de l’animation de la vie démocratique et de l’intérêt général justement.
Un très récent sondage indique qu’ils sont 58 % à préférer un responsable d’association plutôt qu’un responsable politique (37 %) pour « proposer des solutions en faveur de l’intérêt général ». Logiquement, ils sont 65 % à estimer que la place accordée aux associations par les pouvoirs publics est insuffisante. Dans ces conditions, le premier devoir politique consiste à créer un contexte favorable à cette expression associative et à en tenir compte. En commençant par honorer les engagements de l’Etat et en respectant la charte des engagements réciproques signée en 2001, qui préconise un devoir de partenariat aux différents échelons de la décision publique. C’est peu dire que l’on est loin du compte et qu’un authentique dialogue civil, à côté du dialogue social avec les syndicats, reste à instituer. Il s’agit de passer d’une culture de la consultation discrétionnaire à une culture de la proposition nécessaire. S’il est parfaitement légitime que les élus de la nation aient le dernier mot, il n’est pas absurde, en démocratie, que les acteurs sociaux avancent les premiers.
Comme l’écrivait déjà Tocqueville dans sa « Démocratie en Amérique » : « Les associations n’ont pas le droit de faire la loi, mais ont le pouvoir d’attaquer celle qui existe et de formuler d’avance celle qui doit exister. » Dans cet esprit, une mesure phare consisterait, par exemple, à faire du Conseil économique et social rénové la deuxième Chambre de la République, en lieu et place d’un Sénat hors d’âge, avec droit d’initiative sur l’ordre du jour de l’Assemblée nationale...
Par définition, la démocratie participative s’enracine dans le quotidien et dans l’action. Le lien social et les valeurs démocratiques s’éprouvent dans l’action en faveur de l’éducation mutuelle, de la santé, du bien-être, de la prévention des risques, de la protection de l’environnement, de la lutte contre les violences, etc. Tous domaines dans lesquels les associations jouent un rôle majeur à travers une économie civique de l’intérêt général. Or, ces besoins en matière de santé, de formation, de services à la personne, par exemple, se développent à un rythme soutenu et sont au coeur d’une croissance nouvelle. Comment y répondre, face à un service public exsangue qui touche ses limites, et si l’on refuse la marchandisation de biens publics aussi fondamentaux, à brader ce qui fait l’humanité aux seules lois du marché ? Il y a là un défi majeur auquel nos sociétés sont confrontées et que la démocratie participative peut contribuer à relever, notamment par l’action associative.
Entre l’Etat et le marché, il y a l’association. Ce que pensaient déjà les inventeurs du mot « socialisme », tel Pierre Leroux dans la France de 1848, en posant les premiers jalons de la démocratie participative et de l’associationnisme. Suivre ce fil, auquel Ségolène Royal semble plus sensible que ses prédécesseurs, entraîne des choix politiques décisifs. Notamment le maintien d’un certain niveau de fiscalisation et de redistribution pour financer ces actions, sécuriser les associations, créer de nouvelles fondations d’économie mixte, développer le volontariat, le rendre cumulable avec une activité salariée afin que chacun soit clairement incité à participer, etc. En ce sens, le regard se tourne plutôt vers l’Europe du Nord (Danemark, Suède) - ­où l’on est souvent fier de payer l’impôt, de financer la solidarité et les dispositifs participatifs - ­que vers le modèle anglo-saxon.
Encore que l’on oublie toujours de mentionner que le succès de la lutte contre le chômage en Grande-Bretagne tient autant au million d’emplois créés dans la fonction publique depuis 1997 et aux aides massives en direction des charities (associations caritatives), qu’aux recettes libérales.
Entre les forums participatifs d’un jour et une démocratie participative au long cours, il y a un grand écart. Il est possible de le combler, même si cela ne garantit nullement la victoire immédiate. A défaut, il est important de prendre date et d’offrir un recours face aux dérives autoritaires qui se préparent.
Roger SUE
Sociologue, Roger Sue est professeur à la faculté des sciences humaines et sociales, Université Paris 5 - Sorbonne.
Auteur, entre autres, de :
- Renouer le lien social. Liberté, égalité, association, Paris, Editions Odile Jacob, 2001 -La Société contre elle-même, Fayard, 2005.
- Quelle Démocratie voulons-nous ? Pièces pour un débat (en collaboration), Paris, Éditions La Découverte, 2006.
- Gouverner par la peur (en collaboration), Fayard, 2007

Référence


Edward Goldsmith, le fondateur de la revue ‘The Ecologist’ vient de décéder. Militant écologiste historique, « Teddy » Goldsmith est décédé le 21 août à l’âge de 81 ans vendredi 21 août au matin, en Toscane. Il a joué un rôle important dans le développement d’une pensée écologique radicale. Critique inlassable du fétichisme industriel, il valorisait les valeurs rurales et la philosophie des peuples traditionnels, comme source d’inspiration pour affronter la crise écologique globale. Fondateur de la revue The Ecologist dès 1969, puis de son édition française, l’Écologiste (2000), cofondateur des associations Survival International en 1968 et Ecoropa en 1975, il avait acquis une influence internationale, inspirateur de certaines idées de la décroissance.
Ecologie au Quotidien rend un hommage ému à cet écologiste visionnaire né à Paris en 1928 d'une mère française et d'un père anglais, le co-fondateur de l'association « Survival International » en 1968 a consacré à la défense des peuples indigènes. Il participe à la création du Green Party en Angleterre (1974), aux premières campagnes des écologistes français (1974-1977), au premier sommet international sur l’environnement de Stockholm (1972)…Pendant près de trente ans, il bloque des chantiers de construction de centrales nucléaires, organise des campagnes contre la déforestation ou la construction de grands barrages en Inde, contre la Banque Mondiale ou la FAO, édite une quinzaine de livres, écrit des centaines d'articles, organise partout sur la planète des actions afin de lutter contre la dégradation de la planète et des conditions de vie de ses habitants.En 1972, il publie A blueprint for survival traduit en français sous le titre Changer ou disparaître, ouvrage qui fut un bestseller traduit en 16 langues et à l'origine de bien des vocations d'écologistes. En 1990, il publie Rapport sur la planète Terre aux éditions Stock puis 5 000 jours pour sauver la planète. Puis en juin 2002 Le Tao de l’écologie. En 1996, il a dirigé avec Jerry Mander un autre ouvrage essentiel rassemblant les contributions d'une trentaine de personnalités internationales actives dans le domaine de l'écologie dont Ralph Nader, Wendell Berry, Jeremy Rifkin, Herman Daly, Vandana Shiva, Wolfang Sachs..., ouvrage disponible en anglais : The case against global economy et en français sous le titre Le procès de la mondialisation (Fayard, 2001). Teddy Goldsmith a également dirigé la publication d’un ouvrage collectif Le Piège se referme (Plon, mai 2002). Intellectuel et militant, il a reçu en 1991 le Prix Nobel Alternatif, le Right Livelihood Award et en 1992 la légion d’honneur.
Ecologie au Quotidien
ecologieauquotidien@gmail.comTel : 04 75 21 00 56
http://ecologieauquotidien.blogspot.comFilm de 1,56mn : http://www.terrealter.fr/voir.php?id=4

jeudi 27 août 2009

Pollution


Est ce plus pollué dedans que dehors ?
« Avez vous déménagé récemment, fait construire ou rénové votre maison ? Vous constatez, depuis, que vous avez des ennuis de santé que vous n'aviez pas auparavant. Vous avez le nez et les yeux qui piquent, vous vous enrhumez facilement, vous faites régulièrement des rhinites, vous avez des maux de tête, votre sommeil est perturbé, vous êtes continuellement fatigués ... et vous et votre médecin ne trouvez pas d'explication à ces ennuis ? « demande Georges Méar.
« La pollution de l'air intérieur est responsable d'une augmentation des symptômes respiratoires, est devenue une préoccupation majeure » évoque Louise Schriver Mazzuli qui présente un panorama général des risques sanitaires et un aperçu des techniques de base permettant d'aborder les problématiques et les stratégies de prévention. Elle aborde la perception de la qualité de l'air intérieur et les facteurs qui la conditionnent, les sources de pollution de l'air intérieur des espaces clos et semi clos, l'impact sur la santé des polluants chimiques, biologiques et physiques, l'évaluation quantitative des risques sanitaires pour les effets toxiques à seuil et sans seuil de toxicité, les méthodes d'échantillonnage et les techniques de mesure des polluants de l'air intérieur, les systèmes de ventilation et de climatisation, les politiques publiques de réduction et de prévention de la pollution de l'air intérieur. Elle s'adresse aux professionnels des collectivités locales et des institutions sanitaires et sociales ainsi qu'aux étudiants et aux cadres de gestion des ressources humaines. Constat : rien ne change.
l’ UFC-Que Choisir monte au créneau.
Les niveaux de pollution de l'air intérieur présentent des risques pour la santé. Si ce n'est plus un secret pour personne : les produits potentiellement dangereux (composés organiques volatils - COV) sont connus bien que les organismes publics tels que l'AFSSET planchent encore sur des valeurs guides globales. En juillet dernier, l'Académie de médecine préconisait d'ailleurs dans un rapport, la définition rapide de ces valeurs guides, attendu des pathologies (irritatives, immunotoxiques, neurotoxiques, cancérogènes et reprotoxiques) qui peuvent résulter d'une exposition à long terme. Mais considérant le trop peu d'empressement des pouvoirs publics et des professionnels pour réduire cette pollution, c'est au tour de l'UFC-Que Choisir de remonter une nouvelle fois au créneau. Après avoir alerté sur les désodorisants d'intérieur l'année passée, l'association de défense de consommateur pointe cette fois l'impact des moquettes sur la qualité de l'air intérieur. Notre dernière enquête montre que sur les huit moquettes encollées que nous avons testées, cinq restituent du formaldéhyde, du toluène et des éthers de glycol. Le maximum d’émission de composés organiques volatils (COV) relevé à 28 jours est de 3200 μg/m3, soit une valeur très supérieure au seuil de confort de 200 μg/m3 indique l'association dans un communiqué. Pour l'UFC-Que choisir, les mesures actuelles sont insuffisantes. Et de rappeller que REACH ne concerne qu’une substance chimique sur trois, que sa mise en œuvre s’étalera sur dix ans et qu'en plus les autorités européennes ne peuvent pas obliger la substitution de substances dangereuses. Par ailleurs, si les sénateurs ont positivement amendé le projet de loi d’orientation Grenelle 1 en prenant des mesures d’interdiction ou d’étiquetage pour les matériaux de construction et de décoration l'association rappelle que la plupart des produits de grande consommation ne sont pas encore concernés et interpelle de fait le ministère de l’Environnement pour que de nouvelles mesures soient intégrées au sein du texte Grenelle 2 qui sera discuté par les parlementaires à la rentrée. Sachant que nous passons 70 à 90 % de notre temps dans des habitations, des bureaux, à l’école, voire dans les transports, l'UFC-Que Choisir demande l’interdiction dans les produits de consommation, de décoration et de construction, de toutes les substances reconnues comme dangereuses, la réalisation obligatoire de tests d’émission par les professionnels, un étiquetage sur la composition et les substances émises par les produits, afin de permettre aux consommateurs de sélectionner les produits les moins nocifs et enfin, l’incitation à installer des systèmes de ventilation à double flux dans tous les logements par des aides financières telles que le crédit d’impôt et prêt à taux zéro, pour les logements anciens.
Contrairement aux Etats-Unis et à la plupart des pays de l'Europe du Nord, il semblerait qu'en France les autorités politiques et médicales, les constructeurs, architectes et fabricants de matériaux n'aient pas encore pris la mesure de l'impact que peut avoir sur notre bien être et notre santé une mauvaise qualité de l'air ambiant que nous pouvons respirer dans nos maisons ou dans nos bureaux. Les informations au public concernant les dangers potentiels de la pollution de l'air intérieur sont pratiquement inexistantes. Toutefois les médias commencent à évoquer le problème et les articles concernant la pollution de l'air intérieur se font de plus en plus nombreux dans nos quotidiens et hebdomadaires. Aux Etats Unis, par le biais de l'EPA (Environmental Protection Agency) et au Canada (Santé Canada), des brochures explicatives très simples, traitant de la pollution de l'air intérieur et de ses conséquences sur la santé, sont largement diffusées auprès du public.
« Ne pourrait il en être de même en France ? Il conviendrait de prévenir le public des dangers potentiels de la pollution de l'air intérieur par les produits chimiques émis par les matériaux de construction et si les problèmes existent déjà, de les identifier et de leur apporter une solution » conclu Georges Méar.
Ce jour par beau temps vous pouvez toujours travailler dehors. A Die .
Claude Veyret pour APIS

mercredi 26 août 2009

Habitat léger...

Yourtes
Pour de multiples raisons, des citoyens et citoyennes ont décidé de vivre simplement et en particulier de se loger sous yourtes, cet habitat mongol, facile à déplacer pour des nomades. Dans le Diois, plus et moins 100 yourtes sont disséminées de Lus la Croix Haute à Cobonne, de la Motte Chalancon à Piégros la Clastre. En Europe elles apportent un avantage énorme pour certaines personnes qui n’ont plus les moyens d’un habitat trop onéreux et des locations prohibitives. Mais pour beaucoup, il s’agit simplement d’un habitat qui ne détériore pas le terrain (comme les bulldozers pour les maisons classiques) et permet de vivre proche voire dans la nature. En complément, l’attention à la consommation d’eau et des effluves usagées, la préservation des sites et du bois, la décroissance des biens matériels et une qualité de vie semblent accompagner ces choix.
Mais les municipalités (et surtout les maires soumis aux pressions de voisinage) sont peu préparées à ces nouveaux accueils et souvent désemparées. A Saint Julien en Quint le maire, Olivier Girard vient de demander à une famille d’enlever leur yourte.
Yourtes, tipis et cabanes dans les arbres : droit de l’urbanisme applicable.
Au regard de la réglementation applicable en matière de camping, les Yourtes, (ou tipis), peuvent être assimilées à des tentes, si elles sont non équipées et à des habitations légères de loisirs (HLL) si elles comportent des équipements intérieurs, tels que des blocs cuisine ou sanitaires. Dans un cas comme dans l’autre, ces hébergements sont strictement réglementés par le Code de l’urbanisme. Les tentes peuvent être installées soit dans les terrains de camping aménagés, soit sur une parcelle individuelle avec l’accord de celui qui a la jouissance du terrain, dans les conditions prévues par les articles R. 111-41 et suivants du Code de l’urbanisme. Les HLL peuvent être implantées dans les terrains de campings, les parcs résidentiels de loisirs, certains villages de vacances ou encore dans certaines dépendances des maisons familiales de vacances. Les cabanes dans les arbres sont aussi éligibles au régime juridique des HLL. Dans ce cadre, ces installations d’une surface hors oeuvre nette inférieure (SHON) à 35 m² sont dispensées de formalité. En revanche si elles présentent une SHON supérieure, une déclaration préalable est exigée. En dehors des quatre lieux d’implantations susvisés (terrains de campings, parcs résidentiels de loisirs, certains villages de vacances, certaines dépendances des maisons familiales de vacances), ces constructions sont soumises au droit commun des constructions, c’est-à-dire : déclaration préalable entre 2 et 20 m² de surface hors oeuvre brut (SHOB) et permis de construire au-dessus de 20 m² de SHOB, conformément aux dispositions des articles R. 421-1, R. 421-2 et R. 421-9 du Code de l’urbanisme.
Des yourtes autorisées à rester sur des terrains non constructibles.
Il y a environ trois ans, quatre familles vivant dans des yourtes ont élu domicile sur des terrains non constructibles de la commune de Bussière-Boffy (Haute-Vienne). Le maire, qui assure qu'il n'a rien contre ce type d'habitat, livre sa version de l'affaire... "Je n'ai rien contre les yourtes", nous assure M. Barrière, maire de Bussière-Boffy (Haute-Vienne). Le problème relèverait plutôt d'une infraction au code de l'urbanisme puisque apparemment "ces personnes occupent, depuis trois ans pour certains, des terrains inconstructibles. Et ils les occupent à l'année, il ne s'agit donc pas d'habitations légères de loisir". Ce que dit la loi, c'est qu'au bout de trois ans, si une installation est déclarée et qu'on ne lui demande rien, il est alors trop tard pour faire marche arrière. Dans le cas de la commune de Bussière-Boffy, le maire rappelle avoir écrit aux "occupants clandestins" en les invitant à régulariser leur situation. Passé un délai administratif de deux mois, il les a convoqués à sa Mairie début avril. Un compromis a été trouvé pour les quatre yourtes installées depuis trois ans, et qui mesurent toutes moins de 35 mètres : elles sont finalement autorisées à rester. Une cinquième yourte, arrivée plus récemment et mesurant 50 mètres, reste sans solution.
Témoignages. « On chasse les tentes dans les centres-villes, les caravanes des gens du voyage en banlieue et maintenant les logements alternatifs dans les campagnes. La lutte contre la cabanisation, désormais, touche tous les lieux. La crise du logement s’est exportée dans les zones rurales, où l’habitat hors normes s’est développé. La cabanisation concerne une palette très large de population, de ceux qui n’ont pas les moyens de se loger ailleurs à ceux qui ont fait le choix de ce mode de vie. Ces habitats peuvent être des maisons en paille, des caravanes, des tipis, des yourtes. On en trouve surtout dans les régions rurales comme l’Ardèche, les Cévennes, la Bretagne, les Pyrénées, le Languedoc. Il existe un réseau développé, et jeune, d’entraide pour construire ces logements. Même si l’objectif officiel des arrêtés préfectoraux de « lutte contre la cabanisation » est d’éviter les risques pour l’environnement ou l’hygiène, le but reste de faire disparaître ce qui fait tâche dans le décor. Il faut rappeler que dans tous les pays du monde, les villes se sont « autoconstruites » sans permis de construire. Y compris en France. »
Clément, constructeur d’habitat alternatif dans l’Ariège. « Près de 10 000 personnes vivraient comme ça dans l’Ariège. Mais la lutte contre la cabanisation s’est accrue. Les pouvoirs publics usent de moyens détournés pour faire pression sur ces populations : ils débarquent, mettent des procès verbaux, des amendes et obligent les gens à partir. Notre objectif est de faire reconnaître cette forme d’habitat. Ces gens participent à l’économie locale, ils font les marchés. Un village dans les Cévennes a pratiquement été repeuplé comme ça. L’école allait fermer, maintenant, deux classes fonctionnent. »
Marcel, association Ma Cabane. « Les personnes qui pensaient pouvoir vivre tranquillement dans les interstices de l’urbanisation et de la loi se trompaient. Dans certains villages, ceux qui habitent dans ces cabanes sont convoqués par les policiers, interrogés avec relevés d’empreintes digitales. La plupart du temps, ils résistent mais parfois, ils craquent et s’en vont. L’argument du respect de l’environnement est discutable puisque la construction d’une cabane occasionne une pollution dix fois moins importante que celle provoquée par les bulldozers pour construire des lotissements. Une cabane, de plus, vous pouvez la démonter et remettre les lieux en l’état. Ce que l’on demande, c’est que ce genre de construction soit possible. Certains maires sont d’accord. »
Béatrice. « En Bretagne, la construction de petites maisons en terre et argile, assez proche de l’habitat troglodyte, a été contestée. Certains riverains, qui se sont endettés lourdement pour acquérir une maison en parpaing, ne voient pas d’un très bon oeil l’arrivée de ces voisins qui se logent confortablement à bas coût. Tant qu’ils vivent dans des zones rurales reculées, on les laisse plus ou moins tranquilles. Mais dès qu’ils occupent une zone plus touristique, avec des intérêts fonciers et économiques forts, ils deviennent gênants. Les municipalités sont capables de donner un droit dérogatoire à des terrains pour le tourisme. Elles ne le font pas pour ces gens-là. »
Dans le Diois le problème reste entier. Selon les cas, les maires se montrent ou indulgents ou intransigeants. Seulement une minorité peut investir 200 000 ou 300 000 Euros dans une maison.
Claude Veyret pour APIS

mardi 25 août 2009

Démocratie


Qu’est-ce que la démocratie ?
( Photo: réunion du CLD sur la Biovallée: 80 participants à Die).
Dans le Diois comme dans 42 Pays en Rhône-Alpes, les habitantes et les habitants se retouvent régulièrement pour imaginer leur territoire demain. C' est le "Conseil Local de Développement du Pays Diois" (CLD). Depuis 6 ans il travaille sur les déplacements, les nouvelles technologies, l'information et la formation des citoyens, la culture, l'accès au foncier, la santé, l' habitat et le Développement Durable. Toutes les Dioises et les Diois en font bien logiquement parti. Et toutes et tous sont invités règulièrement à l' enrichir par leurs participations.
Durant la révolution française, d’âpres débats opposaient les démocrates, nostalgiques de l’agora athénienne, et les tenants de la représentation, processus par lequel le peuple délègue sa souveraineté à des représentants. Notre démocratie représentative est le fruit d’un compromis entre ces deux conceptions, a priori opposées. Elle a, tant bien que mal, plutôt correctement fonctionné pendant deux siècles. Aujourd’hui, tout le monde s’accorde à reconnaître que ce modèle est en crise : d’abord, parce que, depuis la révolution individualiste, il devient très difficile de déléguer à quelqu’un d’autre ses opinions et son pouvoir de décision ; ensuite parce que, sociologiquement, l’écart ne cesse de se creuser entre la société politique (les représentants) et la société civile (les représentés).
La démocratie participative se veut une réponse à cette crise. En invitant les citoyens à participer plus directement aux décisions qui les concernent, on tente de combler un peu l’écart qui s’est creusé. L’un des exemples les plus significatifs est le budget participatif, inventé au début des années 90 à Porto Alegre et reproduit depuis dans de nombreuses villes brésiliennes. Mais aussi, plus près de nous, les conseils de quartier mis en place par certaines municipalités françaises.
Le problème, c’est que, très vite, des tensions surgissent entre les élus - qui se targuent de leur légitimité - et ces instances de participation - parfois plus dynamiques mais qui "ne représentent qu’elles mêmes". Pour contourner cette difficulté, on a tendance à privilégier une troisième voie : la démocratie délibérative. Il s’agit, cette fois, de mettre l’accent sur les conditions et la qualité du débat, afin de réussir à construire de l’intérêt général. Les conférences de citoyens et autres forums hybrides en offrent un bon exemple : on associe des citoyens - généralement tirés au sort - à la mise en place de politiques économiques ou de grands choix technologiques, en les formant et en les aidant à élaborer un point de vue commun sur le sujet. Très usités dans les pays scandinaves, ces outils tardent cependant à s’imposer en France.
Philippe Merlant
Le Conseil Local de Développement (CLD) du "Pays Diois"
Site :
http://cldpaysdiois.blogspot.com/
Attention nos coordonnées téléphoniques ont changé !Courriel : cldpaysdiois@gmail.com
Téléphone : 06 78 95 56 99
Bureau de Rentrée ce Mardi 08 septembre 2009 de 12h à 14h

lundi 24 août 2009

Revue


L' Alpe n°45 : Le petit train dans la montagne.
Belle invitation au voyage que le sujet de ce dossier. N’y a-t-il pas quelque chose de magique dans le petit train qui grimpe à flanc de montagne ? Un pur plaisir qui ramène à l’enfance, à l’univers fascinant des modèles réduits ? Comment ne pas imaginer l’émerveillement des touristes de la Belle Époque, transportés, à tous les sens du terme, vers les sommets par ces drôles d’engins capables de gravir les pentes grâce au rail ? Si la traversée des Alpes par le « cheval de fer » fut une grandiose épopée (voir les numéros 2 et 29 de L’Alpe), l’invention de la crémaillère, l’équipement des belvédères alpins puis l’irrigation des vallées par de petites lignes ferroviaires émaillées d’époustouflants ouvrages d’art est une aventure, technique et humaine, qui mérite d’être contée.
Comme mérite d’être posée la question de l’utilisation actuelle de ces lignes de vie, de leur survie et même de leur développement potentiel en territoire de montagne. Le train comme alternative à l’automobile ? Une préoccupation qui se situe au cœur de l’enquête de ce numéro. Dans ce domaine, la Suisse s’est forgée une belle réputation, en développant un réseau performant et une tradition de service, tant pour ses habitants que pour les touristes qui en sont, aujourd’hui encore, le moteur. À l’évidence, ce pays possède une véritable culture ferroviaire. Et le sens de sa mise en scène. En témoignent l’implantation de gares-chalets sur certaines lignes, notamment en Gruyère ou encore la forte présence des affiches publicitaires helvétiques dans notre portfolio.
Une incitation à retrouver le chemin du train pour s’offrir le plaisir de déguster le paysage avec gourmandise sur l’un des itinéraires proposés dans notre nouvelle rubrique pratique. En feuilletant l’un des ouvrages de l’écrivain Maurice Chappaz ou en rêvant que, dans le compartiment voisin, Sherlock Holmes est lui aussi en route pour l’Oberland bernois et les chutes du Reichenbach qui lui seront fatales…
Dominique Vulliamy
Rédactrice en chef adjointe de L'Alpe

dimanche 23 août 2009

Habitat


Pour une Haute Qualité Existentielle : L’habitat groupé et les coopératives d’habitants
Les coopératives d’habitants et l’habitat groupé sont des alternatives à la spéculation foncière, la consommation d’espace et d’énergie (distance travail domicile). Ces formes d’habitat sont aussi des outils pour concrétiser nos intentions de solidarité, d’entraide et de participation. Des projets sont en marche en Bretagne...et dans toute la france.
Les grenelles de l’environnement ont évincé le volet social du développement durable. Les événements de fin d’année 2007 en banlieue parisienne nous montre la difficulté du vivre ensemble et de formuler un projet de société qui prenne en compte de manière transversale les problématiques actuelles : dans les domaines du social, de l’environnement, et de l’économique. Quelques semaines plutôt il était possible d’observer des tensions aux pompes de nos GMS pour un « jerrican » en plus. Le prix du pétrole ne baissera plus, d’autant moins que notre demande globale continue sa progression. Nous nous rapprochons du pic (1) de la demande mondiale en pétrole qui se situe entre 2015 et 2030. La précarité énergétique touche un nombre croissant de foyers, et la collectivité dépense sur le plan national plus de 46 Millions d’euros pour les factures d’énergie impayées. Le bâtiment représente 46% de nos consommations d’énergie et 25% de la production gaz à effet de serre.
Ainsi le logement est à la croisée des chemins entre l’économique le social et l’environnement. Nous pouvons réduire les consommations actuelles qui sont autour de 350 kwh/m2/an et atteindre des consommations proche de 40kwh/m2/an. La basse consommation dans le bâtiment neuf comme dans l’ancien doit devenir une exigence à tous les niveaux de décision (clients, bailleurs d’ouvrage, entreprises, architectes, collectivités territoriales et administrations d’état...), le logement social public et privé doit en être le premier bénéficiaire. L’étalement urbain est une seconde préoccupation ; nous faisons disparaître 40 000 ha de terre agricoles par an sous du goudron, des maisons, des zones industrielles. Des réseaux électriques, de gaz ... envahissent le sous sol. La concurrence entre l’espace urbain et l’espace rural est l’une des causes de la spéculation immobilière et de la montée du prix du foncier. Ne devons nous pas, à l’instar des nécro-carburants, nous poser la question : construire ma maison individuelle entourée de gazon en pleine campagne ou manger ? A court terme nous devrons aussi nous poser la question de la distance entre l’activité professionnelle et le lieu d’habitation. L’habitat vertical et la densification deviennent une nécessité.
Coopérer plutôt qu’entrer en concurrence...
Ces problématiques sont une occasion pour repenser « l’habiter » , l’urbanisme, ce qui relie les hommes entre eux et à la terre. Il n’y a pas de réponses sur mesure ; les concepts de développement durable, HQE (Haute Qualité Environnementale) ou agenda 21, sont utiles pour servir de guide méthodologique, d’aide à la réflexion pour construire ensemble un « habiter » soucieux d’équité et de justice, protégeant le bien commun (air, eau, ressources) et économiquement accessible au plus grand nombre, viable. Personne n’imagine créer de nouveaux ghettos « écolos » car l’écologie est aussi l’écologie des rapports harmonieux entre les êtres vivants dont les humains. Ce sont ces défis dont s’emparent aujourd’hui de nombreux citoyens en Europe et dans le monde entier en se lançant dans des projets d’habitat groupé. Ces communautés (2) se rassemblent autour d’un projet écologique, économique, parfois spirituel ou simplement fraternel, parfois avec un savant dosage de l’un et l’autre. Ils ont en commun de vouloir prendre collectivement leurs responsabilités vis à vis de la planète. Ils développent une conscience des solidarités qu’impose l’interdépendance entre les humains - voisins et d’un continent à l’autre. Ils ont la terre en partage, les ressources sont un bien commun dont ils sont co-usagers (générations d’aujourd’hui et qui nous suivent). Souvent les collectivités locales et états sont partenaires particulièrement quand ces groupes accueillent des personnes à revenus modeste, exclues ou à mobilité réduite.
Les coopératives d’habitants sont exemplaires par leur statut. La coopérative est un projet collectif ancré sur un territoire, dans un quartier, et répond à des besoins spécifiques à ce territoire. Elles partagent des valeurs d’égalité, du droit au logement sans discrimination, de démocratie - 1 personne = 1 voie - la gestion est donc transparente pour permettre la participation de tous. C’est un projet social, en pratiquant des loyers adaptés grâce à l’acquisition de parts sociales progressives et au financement multi-partenarial (lien entre des fonds privés et bailleurs sociaux, collectivités, état). Des services communs : laverie, chambre d’amis, ateliers, chauffage, charges d’entretien, permettent les rencontres et des économies. De part son statut la coopérative d’habitation permet de lutter contre la spéculation immobilière car il y a séparation entre la propriété du patrimoine et celle du capital (parts sociales). Les projets de coopérative intègrent des préoccupations environnementales, habitat vertical, basse consommation, matériaux naturels. En milieu rural existe un lien fort entre ces formes d’habitat et la création d’activités économiques. Les premières coopératives d’habitation québécoises sont à caractère familial et ouvrier, elles datent de 1941. Organisées en fédérations régionales elles jouent un rôle de premier plan dans l’amélioration des conditions de logement au Québec. Des GRT, groupe de ressource technique, mobilisent un savoir faire pour l’accompagnement des futur coopérateurs : aide juridique, montage financier, montage des statuts, animation du groupe. En Suisse, les coopératives d’habitation représentent, 8% du parc immobilier, jusqu’à 20% en ville. En Norvège 650 000 habitants vivent en coopératives.
Un défis pour les années à venir : mixité, échanges, solidarités et convivialité
En France nous assistons à une privatisation du logement social favorisé par l’outil du 1% logement, fond versé par les entreprises du secteur privé, capitalisable en bourse. Il favorise un parc de logement privé alors que les financements publics pour le logement social diminuent ou sont réorientés vers les zones de rénovations urbaines. Le problème du logement des plus démunis persiste et le parc locatif privé demande toujours plus de garanties les rendant inaccessibles à une part importante de la population. Dans ce contexte les coopératives d’habitations sont une réelle alternative dont pourrait s’emparer citoyens et pouvoir public pouvant faire la démonstration que la mixité sociale choisie est possible et heureuse. Cependant, imagination et ténacité sont au rendez vous, car ce statut n’existe pas dans la législation Française. Des hypothèses sont à l’étude (ex : SCI-SCOP). C’est un des sujets abordés les Vendredi et samedi, 23 et 24 Novembre à Toulouse lors du deuxième rassemblement des projets de coopérative d’habitations. L’association Habicoop, qui joue le rôle de GRT pour le projet d’habitat vertical de Lyon, a pris l’initiative de favoriser l’émergence d’un statut en France et réunit des groupes d’habitants et des accompagnateurs. Cinquante personnes et structures se sont déclarées favorables à un travail de coopération pour le développement de cette nouvelle forme d’habiter sur le territoire français. Cinq groupes Bretons étaient présents : Brest (plusieurs familles), Morlaix Scoop Kéjal, qui fait une étude sur les écovillages, Nouvel Air (Ile et Vilaine, 45 logements en projet), Nantes (plusieurs familles en habitat vertical) avec HEN « Habitat et Energie Naturels »/FD CVAM de Loire Atlantique . Cohérence était représenté en tant qu’accompagnatrice du projet d’un bâtiment vertical promoteur de la mixité sociale,et des fonctions (tertiaire durable) comportant de 10 à 15 logements et très basse consommation sur Lorient(3). Des rencontres grand ouest sont envisagées, cohérence souhaite mettre en valeur ces projets sur un site dédié à l’habitat groupé et les coopératives d’habitation dans l’ouest .
Philippe Yven
(1) c’est le moment ou notre demande globale dépassera la capacité matérielle à être satisfaite : réserves épuisées ou exploitation très coûteuse.
(2) Communauté et prise dans le sens anglo-saxon : ce qui rassemble des personnes et non dans le sens français ou la définition implicite est « Communauté : groupe probablement déviant des années 68-70 qui aurai échoué dans sa volonté de changer quelque chose à la société. »
(3) Vous pouvez rejoindre les porteurs de ce projet et participer à la conception du bâtiment, devenir locataire / coopérateur.

samedi 22 août 2009

Durable


Güssing dans le Burgenland
La comparaison avec Abraracourcix, le chef du dernier village gaulois résistant aux Romains, n'est pas pour lui déplaire. Mais il se veut d'abord un précurseur. Peter Vadasz, maire de Güssing, petite commune de 4 000 habitants située au fin fond du Burgenland, la région la plus pauvre de l'Autriche, a trouvé dans le développement durable une sorte de potion magique pour sa ville.
Autosuffisante, la commune produit électricité et chauffage à partir de sources d'énergie renouvelables. On y roule encore à l'essence d'origine fossile mais dès demain la station service vendra des carburants synthétiques à base de biomasse.
Tout a commencé il y a dix-huit ans. Les factures de chauffage et d'électricité grèvent alors le budget de cette bourgade agricole affectée par l'exode rural. Un ingénieur électricien, Reinhard Koch, est appelé à la rescousse. Sa prescription : le boycott des énergies fossiles et la proclamation de l'indépendance énergétique. Un pari, une croisade, assumés à partir de 1992 par le nouveau maire de Güssing, reconduit depuis lors. "Les prix du chauffage et de l'électricité sont de 25 % inférieurs dans notre commune", souligne Peter Vadasz en guise d'explication.
Cet argument est devenu le moteur de la relance économique. Combiné aux subventions européennes allouées à l'installation dans cette zone de développement prioritaire, le prix compétitif du chauffage communal attire les entreprises. En dix ans, une cinquantaine s'est établie, créant 1 100 emplois. Dépourvu de sources thermales, une richesse de la région, Güssing joue avec succès la carte du tourisme écologique.
Le modèle Güssing, c'est une technologie mais aussi une philosophie. "Petit, décentralisé, local. Güssing est un modèle communal. Chaque projet doit être conçu en fonction des ressources renouvelables abondantes localement. Végétation, vent, soleil...", assure le maire. Pour son fief entouré de forêts, c'est essentiellement le bois. La première centrale mise sur pied en 1992 alimente en chauffage une trentaine de foyers.
Dix ans plus tard, la quasi-totalité de l'habitat est connectée aux trois unités de production de chaleur et d'électricité ; l'indépendance énergétique est atteinte. La production d'électricité (22 GW) excédant la consommation domestique, la ville exporte 8 GW dans le réseau régional, ce qui lui procure un revenu de 4,7 millions d'euros. Le bilan environnemental est plus positif encore : les émissions de gaz carbonique ont été réduites de 93 % par rapport à 1995.
Depuis l'ouverture d'un Centre européen de l'énergie renouvelable en 1996, la commune revendique une vocation missionnaire. Son objectif : promouvoir le "modèle Güssing" dans tout le Burgenland - la région vise l'indépendance énergétique en 2013 -, le pays et le reste de l'Europe.
Dans les environs, le modèle a essaimé, une trentaine de petites unités de production de chaleur ou d'électricité fonctionnent à base de biomasse (résidus du bois ou bien herbe et trèfle essentiellement) ou d'énergie solaire. Le nord du Burgenland plus venteux mise plutôt sur l'énergie éolienne.
La formule magique de Güssing, qui transmute la biomasse en gaz puis en chaleur et en électricité, et bientôt en carburants synthétiques, a été développée par le Professeur Hofbauer de l'Université Technique de Vienne. Elle s'inspire d'un procédé de gazéification du charbon tombé dans l'oubli en raison de l'engouement pour le pétrole. Les premiers litres d'essence synthétique, moins polluante que le carburant d'origine fossile, plus efficace et plus éthique que le biodiesel à base de colza, seront produits fin octobre. La commercialisation en station service est prévue pour 2009.
Laurence Monnot

vendredi 21 août 2009

Formation


Atelier « Bébé-Signe »
Déjà il faut penser à la rentrée des classes ....
La rentrée des parents, grands parents, nounou, c'est peut-être pour les curieux d' apprendre quelques signes pour discuter avec les bébés et enrichir les histoires et la vie grâce à cette belle danse des mains ! Échanges par gestes avec bébé. Ce n’est pas parce que les bébés ne peuvent pas parler qu’ils n’ont rien à exprimer. L’atelier n’est pas d’une méthode pour « sur stimuler » les enfants, ni un cours de langue des signes. Mais bien des jeux de communication pour se faire plaisir en jouant avec l’imagination par quelques mots simples, des imagiers, des chants, des comptines, des jeux de communication et de liens… Maman, Papa, grands parents, assistante maternelle, personnel de santé, soyez les bienvenus
RDV le samedi 5 septembre de 14 h à 15 h à Mirabel et Blacons pour la séance ludique (sans les bb) de rentrée. (Atelier d’une heure et à la carte sans les enfants) Pour s’informer, joindre Florence. Les émotions, les besoins de base, les imagiers prennent vie dans vos mains et enrichissent le monde de votre bébé. Avec leurs mains ils s’expriment plus vite qu’avec leur voix ! Les frustrations et les relations sont plus paisibles la chambre la table.
5 euros la séance / personne - merci de confirmer votre présence. Si vous même avez des ami(e)s avec des jeunes enfants, merci de faire passer le message.
Un site pour plus d'infos :
http://www.signeavecmoi.com/doku.php?id=Presentation:start
Florence DAVROUT
Ecole Primaire
26400 Mirabel & Blacons,
Téléphone : 04 75 61 79 75
e-mail :
florence.davrout@gmail.com

Verbatim


Thierry Geffray est un philosophe tombé en politique. Visionnaire plus que gestionnaire, jardinier du sens, plus que maniganceur politicien, chercheur de nouvelles voies d’expérimentation plutôt que ressasseur de vieilles recettes épuisées, il laisse autant une excellente impression dans la Société Civile et auprès des habitantes et des habitants du Diois qu’un dépit chez les politicards. Et une déception pour toutes et tous qui aspirons à changer totalement les modes de fonctionnement du politique.
Intervention de Thierry Geffray, ancien Président de la Communauté des Communes du Diois à la Journée de la Terre : « Plaidoyer pour la terre » le 25 avril 2009 à Vercheny (26).
Regard Distancié
Eleveur de Brebis en GAEC à Bellegarde en Diois, je remercie les organisateurs (et Claude Veyret qui choisi cette expression de Regard Distancié) de cette journée et cette invitation à m’exprimer. Après m’être un an (suite à son départ volontaire de la Communauté des Communes du Diois, NDLR) volontairement abstenu de prises de paroles.
J’apporte ce regard distancié qui est une prise de recul vis-à-vis de mes engagements ultérieurs. C’est la terre qui me permet cette posture de va et vient, c’est la terre qui me donne une base, qui me donne confiance, cohérence et stabilité.
C’est cette intuition (de la terre qui nous retrouve) qui a présidé à notre « retour à la terre ». Avec Sjoerd Wartena (président de Terre de Liens), tout ce qu’on dit aujourd’hui, on le disait dans les années 70 ( GFA territorial, Gaec…). La terre ne doit pas être réservée à celui qui en a les moyens mais à ceux qui l’aiment et en sentent le besoin. Tout le monde devrait avoir accès à la terre, tout le monde devrait avoir la possibilité de vivre de son jardin. « Terre de liens », deux mots qui fondent un nouveau paradigme, Terre de liens ou Biovallée sont dans la droite ligne de 1970. On est pugnace. On n’était pas dans le sens de l’histoire en 1976, en attendant, on a bricolé, nous sommes devenus nombreux à bricoler de la sorte… En 1970, ce paradigme du lien était déjà un objectif. On ne perd pas la boule. Des actions comme les «Rencontres de l’Ecologie» ont permis de compléter les explications sur la relation et «Interactions, Transformation Personnelle - Transformation Sociale» des gestes quotidiens, les uns à côté des autres. Ce furent des crises pour que la transformation de la société, et que ses explications deviennent implications culturelles. De moins 30 à moins 1 degré, l’eau est toujours de la glace et il suffit d’1 degré pour qu’elle devienne liquide… Terre de liens et sa souscription sont un peu cette transformation.
Nous sommes en marche. Au pied des murs successifs pour éviter de les passer, certains vont les repeindre en trompe l’œil, les repeindre en vert. Il s’agit d’ouvrir les portes sur un nouveau paradigme qui est celui du lien vis-à-vis du bien. Des peuples sont dans cette façon d’être au monde, il s’agit dans notre triptyque républicaine de mettre la Fraternité comme déterminant premier avec le partage des Universaux, nous sommes des enfants de la Terre mère. Le déficit est l’humain et pas la technique, le pari de Biovallée, Grand Projet, c’est le pari du lien, des réseaux,d’ un riche monde associatif, de la tri-articulation entre le monde politique, l’économie et la société civile. « Les problèmes importants auxquels nous sommes confrontés ne peuvent pas être résolus avec les habitudes de pensée qui sont à l'origine de leur apparition... » disait Albert Einstein.
Nous devons comprendre et s’entendre sur une vision politique qui n’est autre que de mettre en place un processus « d’intelligence collective » qui nous relie. Avec des élus qui acceptent les idées nouvelles. Nous avons désormais le sentiment de « pied à l’étrier » par rapport à notre impuissance d’agir. Notre territoire est un territoire d’avenir, de la bonne taille pour se relier et mettre en place nos valeurs. Les « Rencontres de l’Ecologie » était dans l’explication, nous devons entrer dans l’implication collective. L’ensemble de nos bricolages personnels donne à nos initiatives une dimension sociétale. Ils nous donnent à « habiter la Terre » de façon responsable, à retrouver notre dignité. Attention le système en place toujours à l’œuvre (avec croissance, emploi, consommation) va s’occuper de Biovallée au titre de l’accumulation de biens en priorité (Biovallée du vivant). C’est pourquoi, à cette bio-logistique, je rajouterai la stratégie des 4 L. Les 4 L ce sont, une journée comme aujourd’hui : bio-logiques, bio-létique (concession de terres en échange de service), bio-lithique( construction-pierre de logement) et bio-ludique ( allusion au coopérateurs ludiques de Viveret, ndlr).
Jusqu’au bout, jusqu’à la dernière heure, un système qui s’effondre ne le sait pas ou refuse de le voir. C’est ce qu’il se passe actuellement. L’émergence des Créatifs Culturels est une haute époque de la résistance qui s’instille. Celle de « Résister, c’est créer », créer du lien, c’est comme si on passait de moins 3 degrés à moins 1 degré.
Il s’agit de trouver des actions qui participent à la Biovallée. Ce remue–méninges. Et ce n’est pas la politique de guichet, de redistribution aux entreprises qui renforcera ce Pays. Ce sont des actions qui participent, produisent du lien (Terre de Liens, Rencontres de l’ Ecologie, Dispensaire de santé, Compagnons de la Terre et d’ autres à venir encore… . Il s’agit de faire le plus possible « avec » et le moins possible « contre ». La France rurale s’est vendue à chaque génération( peu être 10 fois) pour produire les villes et la stérilisation des terres. Il faudrait maintenant une traçabilité locale de l’épargne, une organisation de cette épargne pour que le territoire se renforce. Je suis parti au Mexique pour dialoguer sur le thème de la gouvernance et de la Démocratie locale. Ce qui compte, c’est les processus d’intelligence collective qui seront partout mis en place dans le monde. Il n’y a pas de chemin, le chemin se fait en marchant.
Le statut du local a changé, nous sommes tous des enfants de la Terre mère, nous partageons des Universaux : « paysans, pays, paysages, pays sage », sur les terres solidaires (de la Biovallée), Osons ensemble, vivre simplement pour fêter le vivant (évocations symboliques des cinq derniers titres des Rencontres de l’Ecologie, notes de la Rédaction)…
Il est urgent de se presser lentement…
Thierry Geffray, Montlahuc, Bellegarde en Diois 26470
Tel : 04 75 21 40 50

Revue


Politix
Les conflits du travail restent largement délaissés par les sciences sociales. Pourtant, leur ampleur ne cesse de croître, même s’ils adoptent le plus souvent des formes moins visibles que la grève. Sabotage, freinage, absentéisme, turn-over, mais aussi recours individuels à la justice apparaissent comme des répertoires d’actions alternatifs, dont ce numéro essaie de rendre compte. (N° 86, vol. 22, mars 2009, trimestriel, sur abonnement (59 euros l’année). – 2 ter, rue des Chantiers, 75005 Paris.)

jeudi 20 août 2009

Référence


Pierre CHARRIER
Nous apprenons avec une grande tristesse et tant de regrets la disparition le 31 juillet dernier de notre ami fidèle Pierre CHARRIER, dans sa 88me année.
Ceux qui l'ont rencontré au cours de nos réunions régionales se souviendront de son sourire rayonnant, de ses propositions enthousiastes, de sa fermeté et de sa gentillesse. Il avait dernièrement demandé à la « Ligue des Droits de l’Homme du Diois », d’introduire « l’ Ecologie au cœur des droits de l’homme. Et les droits de l’homme au cœur de l’ Ecologie. Car l’un est indissociable de l’autre ».
Son engagement, lorsque sa santé le lui permettait encore, de présenter les droits de l'Homme dans les écoles n'avait d'égal que son combat pour un environnement sain, respectueux de l'Homme. Il nous avait rejoint une dernière fois à Caluire lors de la venue d'Isabelle DENISE, mobilisant une belle énergie alors que sa santé l'avait déjà contraint à abandonner son rôle de trésorier départemental de la LDH-Ardèche. Nous nous souviendrons de sa présence et lui rendrons hommage lors de notre prochaine régionale de l'automne.
A ses enfants et petits enfants, à toute sa famille parents et alliés, à ses amis nombreux, nous disons notre émotion et notre sympathie. Le Comité Régional de la Ligue des droits de l'Homme en Rhône-Alpes, les fédérations et sections, les membres du Comité Central de la LDH expriment leurs sincères condoléances.
Mireille BERTHO
Déléguée Régionale Rhône-Alpes de la Ligue des Droits de l'Homme
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Ligue des droits de l'HommeDélégation Régionale Rhône-Alpes de la Ligue des Droits de l'Homme.Maison des Associations 67 Rue St François de Sales 73 000 Chambéry
LDHrhonealpes@aol.com 06 82 52 29 01 ou 04 79 28 21 20

Alimentation


Une histoire de goût
À quand remonte la dernière fois que vous vous êtes vraiment régalés d'une tomate pleine de soleil, que vous avez goulûment planté vos crocs dans sa pulpe gorgée de saveurs ? Cela m'est arrivé cet été, quand nous avons échangé avec des amis un peu de maintenance informatique contre un panier de légumes de leur jardin. Parce que ce n'est pas dans les supermarchés que je risque de croiser des fruits pareils. Même plus au marché du bled, où les tomates ont la même gueule lisse et le même manque de goût et de texture que celles de la grande distribution. Toujours les mêmes petites boules dures et imputrescibles que l'on peut oublier sans dommage pendant plus d'un mois au fond du frigo. Toujours les mêmes légumes, un de chaque sorte, été comme hiver... déprimant, pas bon, pas envie. Des années de recherches agronomiques pour ça : des trucs qui poussent hors sol, hors saison, hors goût, qui peuvent passer des jours et des jours en chambres froides sans bouger, qui peuvent sauter d'un continent à l'autre, qui se logent dans des petites cases normées, optimisation de l'espace, rentabilité maximum.Je me souviens d'une boutade des années 80, où l'on disait que l'Europe ne servait à rien, si ce n'est à calibrer les concombres... sauf que ça, ce n'était pas rien. C'était tout. Notre droit à manger de bonnes choses contre leur impératif de profit à tout prix. Aujourd'hui, les légumes sont bien calibrés, bien chers et bien dégueulasses. Du coup, ils ont pondu du marketing sous couvert de santé pour nous faire avaler la couleuvre : il faut manger 5 fruits et légumes par jour. Il faut bouffer leur frankenfruits, avec leurs pesticides au taquet, leurs OGM et leurs prix toujours plus élevés, parce que... c'est de la faute au gel, au manque de pluie, de soleil... marrant comme argument quand on pense deux secondes qu'il s'agit de végétaux de serres cultivés hors sol. D'ailleurs, les légumes de mes voisins, les deux pieds dans le crottin, ils n'ont pas tant souffert que cela des aléas climatiques...Tout le monde est d'accord pour dire que les légumes du jardin, c'est bien meilleur... alors quoi ? Pourquoi tous ces jardins d'agrément avec leurs fleurs stériles et leur pelouse au Roundup, que ce soit dans les bleds ou les banlieues pavillonnaires ? Ce n'est même pas une question de temps ou de pénibilité, quand on voit le temps passé à tondre l'herbe au carré, à biner autour des bégonias.À quel moment est-il devenu évident que l'autoproduction alimentaire familiale était moins importante que les fonctions ornementales?
Agnès Maillard ; Le MonolecteLe blog des agitateurs du vide. http://blog.monolecte.fr

Emploi

Recherche un(e) chargé(e) de mission pour l’évaluation du CDRA de la Vallée de la Drôme.
Le Syndicat Mixte de Développement de la Vallée de la Drôme (SMDVD, 51 communes, 43 000 habitants) recherche un(e) chargé(e) de mission pour l'évaluation du Contrat de développement Rhône-Alpes de la Vallée de la Drôme. Mission de 4 mois, basé à Saillans
Objectifs de la mission : Le chargé de mission devra mettre en place une procédure d'évaluation du Contrat de Développement Rhône-Alpes, en collaboration étroite avec l'animateur généraliste et l'équipe technique. L'évaluation devra donner aux acteurs mobilisés sur le contrat et le comité de pilotage des éléments de réponses à diverses questions :
- Dans quelle mesure le CDRA et les actions réalisées ont concouru à la réalisation des objectifs de la charte de développement ? - Les principes de développement durable inscrits dans la charte en 2005 et renforcés en 2008 ont-ils été intégrés dans la mise en œuvre du contrat ? - Quels ont été les plus et moins value du CDRA sur le développement local ? - Quels ont été les avantages et contraintes du Conseil Local de Développement ? - Quels ont été les avantages et contraintes de la mise en place du SMDVD comme structure porteuse ? - Le CDRA a-t-il permis de dépasser une logique de saupoudrage et d'insuffler une vision globale du développement de la Vallée de la Drôme ? - Quelle est la perception du CDRA par les acteurs locaux ?
Compétences requises - Interroger, écouter et comprendre les acteurs du territoire ; - Analyser et traiter les informations recueillies ; - Rechercher les informations pertinentes ; - Rédiger des questionnaires, comptes-rendus, notes et synthèses.
Profil - Master 1/2 ou école d'ingénieur (aménagement du territoire, développement local, ...) ; - Bonne connaissance des collectivités locales et politiques territoriales ; - Esprit de synthèse et aptitude au dialogue ; - Sens de la rigueur et de l'organisation ; - Travail autant en équipe qu'en autonomie ; - Force de proposition.
Modalités - Mission de 4 mois, basé à Saillans ; - A pourvoir à compter du 1er octobre 2009 ; - Lieu de travail : Saillans (26 340) ; - Date limite des candidatures : jeudi 6 août - Date des entretiens : fin août.
Contact Gautier BAVILLE, animateur généraliste du CDRA, 04 75 21 06 45 . Par courrier à adresser à : M. le Président SMDVD BP 10 26 340 Saillans Ou courriel : cdravalleedeladrome@yahoo.fr

Délinquance


Enfers fiscaux.
La Banque européenne d’investissement va-t-elle continuer à cautionner les paradis fiscaux ?
Les Amis de la Terre, les réseaux Counter Balance (1) et Eurodad (2) publient aujourd’hui un nouveau rapport, “Flying in the face of development : How EIB loans enable tax havens”, qui met en lumière l’implication de la Banque européenne d’investissement (BEI) dans des paradis fiscaux. Cette étude révèle que la Banque de l’Union européenne investit des milliards d’euros dans des entreprises liées à des centres offshores. Les ONG dénoncent cette situation scandaleuse et demandent aux Etats européens de se montrer cohérents avec leurs déclarations contre les paradis fiscaux en exigeant que la BEI mette fin à cette pratique et respecte son mandat de développement. Ces cinq dernières années, la BEI a prêté 5,66 milliards d’euros aux banques françaises, néerlandaises et anglaises les plus impliquées dans des paradis fiscaux (3), tandis que 210 millions d’euros sont allés à des fonds africains utilisant les paradis fiscaux dans leurs stratégies d’investissement. En outre, de grands projets d’infrastructures tels que le Gazoduc Ouest Africain au Nigeria (4), la mine de Tenke Fungurume en République Démocratique du Congo (5) ou la mine de Mopani en Zambie (6) sont liés aux Bermudes ou aux Iles Vierges, paradis fiscaux notoires.
Anne-Sophie Simpere des Amis de la Terre, explique : « Notre étude démontre que de nombreux projets financés par la BEI impliquent des paradis fiscaux et des multinationales utilisant des centres offshore. Pourtant, les politiques d’investissement de la BEI sont décidées par son Conseil d’administration, composé des Etats membres de l’UE dont les décideurs enchaînent les déclarations contre les paradis fiscaux. Comment peuvent-ils prétendre lutter contre ces pratiques alors qu’en même temps, ils les cautionnent massivement avec la banque publique de l’Union européenne ? » Desislava Stoyanova, coordinatrice de Counter Balance, poursuit : « Cette situation est inacceptable de la part d’une institution publique. Et en particulier de la BEI, dont les lacunes en matière de transparence et de responsabilité sont notoires, alors que ce sont deux aspects cruciaux en matière de lutte contre les paradis fiscaux. »
Le rapport rappelle que le recours aux paradis fiscaux est un frein au développement, comme le montrent de nombreuses études, notamment le récent rapport du gouvernement norvégien sur le sujet (7).
Anne-Sophie Simpere conclut : « Le gouvernement norvégien vient de proposer une série de mesures pour s’assurer que son Fonds d’investissement n’alimente pas les paradis fiscaux. Les Etats européens resteront-ils à la traîne en laissant leur banque de développement continuer à financer des projets liés à de douteuses places financières, dans l’opacité ? » Les Amis de la Terre et Counter Balance demandent à la BEI et aux Etats européens de ne plus soutenir de projets liés à des paradis fiscaux et d’assurer une transparence totale des prêts de la BEI à des intermédiaires financiers, pour garantir que ces flux ne contribuent pas à alimenter l’évasion fiscale.
Caroline Prak, 01 48 51 18 96 ou 06 86 41 53 43
(3) Il s’agit de la Barclays Bank, la Royal Bank of Scotland, BNP Paribas, la Société Générale et ING.
(4) Le consortium West African Gas Pipeline Company Limited (WAGPCo) est enregistré dans les Bermudes. La BEI a accordé 75 millions d’euros de prêt au Ghana pour la mise en œuvre de ce projet.
(5) Tenke Holding Ltd /Lundin Holding, enregistrée aux Bermudes, est partiellement propriétaire du projet d’exploitation des mines de cuivres et de cobalt de Tenke Fungurume en République Démocratique du Congo pour lequel la BEI a approuvé sous conditions un prêt de 100 millions d’euros en 2007.
(6) Mopani Copper Mines plc (mines de cuivre de Mopani), qui a bénéficié d’un prêt de 48 millions d’euros de la BEI, est détenue en majorité par Carlisa Investments Corporation, installée dans les Îles Vierges britanniques. (7) Voir Commission on capital flight from developing countries, Tax havens and development, Summary of the preliminary study, Juin 2009.

mercredi 19 août 2009

Culture


Rencontres Astro Ciel 2009 de Valdrôme (26)
Programme prévisionnel du 15 au 21 août 2009
(Programme remis à jour sur www.astrosurf.com/saf/)
Conférences tout public à 2 0 h 4 5
Conférences à 20h45 :
20/8 : J.B. CRETAUX : Petite histoire d'une grande lunette
21/8 : M.F. SERRE : Légendes des constellations
22/8 : A. ACKER : Mort des Etoiles
23/8 : G. CANNAT : Une année de spectacles célestes
24/8 : H. REYSS : Carancas : une surprise tombée du ciel
25/8 : G. OUDENOT : A la découverte de la Lune
26/8 : G. ARTZNER : Un Soleil Triple
27/8 : R. FERLET : Des planètes autour d aut res Soleils
28/8 : Marie Françoise Serre
Légendes des constellations Tirage au sort de la tombola
Entrée : 2€ par conférence pour les personnes non inscrites aux rencontres Astro ciel 2009, gratuite si âge inférieur à 12 ans et pour les personnes inscrites aux Rencontres.
http://www.astrosurf.com/saf/news/RAC2009/renseignements_valdrome.html

Art


Une installation "Premier Sourire de L'Enfant-chien" de Yannick Barazer. A l'ancien temple d'Espenel, (du 15) jusqu’au 25 août tous les jours, de 14 à 19 h. Dans un bel espace il présente une installation : un relai de Mémoire Vive. Ainsi que pour la première fois un jeu de pièces de tissus sur lequel je travaille depuis longtemps: le Magister Ludi. «L'enfant-chien n'a pas d'âge, depuis une caverne antérieure il a rêvé la flêche au curare, la marine en bois, la pendule nucléaire et les observatoires astronomiques des cinq continents. Vannier à la peau tannée, assis à l'ombre du rocher, il entrelace un jour unique, de l'espace et du vent, originant à mesure la trame de réalité paradoxale sur laquelle nous projetons nos destins croisés. Pas de dispositif ni spectaculaire ni évènementiel. Mais la présentation d'une perspective singulière sur la mutation en cours. L'art contemporain et son langage sont là un alibi, un masque opératoire pour définir un lieu et une situation du Passage.»
yannickbarazer@hotmail.com

Citoyenneté


Vers une démocratie continue
Nous (Claude et Jean Noël de MédiasCitoyens) avons rencontré Leda Guidi et Véronique Kleck à Lyon aux journées internationales de la Démocratie Participative. L' entretien est, on ne peut plus, d' actualité
Véronique Kleck (VK) : Leda, vous dirigez le Service de Communication aux citoyens en charge du « Réseau Citoyen Iperbole » de la Municipalité de Bologne (Italie). Les questions de démocratie renouvelée, de participation, et, à l’échelle européenne, d’approche locale et d’implication des municipalités dans cette société de l’information, ont été au cœur de votre démarche. Quels enseignements tirez-vous de ces responsabilités locales au sein de la municipalité de Bologne ?
Leda Guidi (LG) : Dans mon activité professionnelle, j’ai toujours privilégié une approche humaniste et non une approche technologique ou technocrate. Depuis 1980, la municipalité de Bologne a beaucoup investi sur l’information, la transparence, la communication avec les citoyens et les communautés locales.
C’est une tradition qui vient de loin, de l’histoire de la ville et de la région. Une tradition de participation que l’on retrouve dans les politiques des villes ou dans les pratiques des citoyens eux-mêmes.
Dès 1993, lorsqu’Internet est apparu en Europe, j’ai eu la chance de pouvoir m’intéresser à ces technologies et à leur impact dans l’administration publique et dans la société - dans le cadre de mon travail, la communication publique. A l’époque, il ne s’agissait que d’expérimentations, de mesures pionnières, de « wishful thinkings » venant de quelques précurseurs dans certaines administrations européennes. Et pourtant, dès 1994, se créait le réseau de villes « Telecities », sur la base de cette vision partagée par de nombreuses villes. Ce réseau de cités entendait mettre en commun au niveau local, les efforts d’élaboration des stratégies de développement de la société de l’information émergente, selon un modèle politique et culturel original par rapport aux expériences nord américaines.
Ces technologies ont constitué à la fois :
1. un objet d’études et d’expérimentation de nouvelles relations sociales et de communication ;
2. un outil pour faire émerger et organiser des communautés mondiales.
VK : Pensez-vous que ces technologies contribuent à renforcer la démocratie locale ou la confiance dans les services publics ?
LG : L’usage de ces technologies pour renforcer la démocratie me semble déterminant ! Aujourd’hui nos démocraties représentatives s’essoufflent et ne sont plus suffisantes pour se confronter à la diversité des besoins, des attentes et des choix de vie. Il faut renforcer les modalités d’expression de cette démocratie, pour aller vers une sorte de démocratie continue, c’est-à-dire une démocratie délibérative qui soit complémentaire de la démocratie représentative. Car la société s’est complexifiée et les élections ne sont plus le seul terrain d’expression du peuple. D’une élection à une autre, il faut alimenter et remplir l’espace public de « savoir social ». Il est important d’encourager la participation au processus délibératif et décisionnel si l’on veut aboutir à des décisions plus partagées, fruits d’une multiplicité de contributions et d’expériences.
Toutefois, il faut être vigilant à ne pas trop donner d’importance à la technologie en tant que telle. La technologie ne va pas résoudre le déficit démocratique de manière automatique et déterministe. Mais elle peut contribuer à donner naissance à d’autres formes d’expression démocratique et de participation à la vie publique. La technologie ne renforce pas le pouvoir des citoyens et des communautés, mais elle soutient l’émergence de différents pouvoirs, ouvre davantage de canaux de communication à travers lesquels faire transiter sentiments, volontés, points de vue.
Dans le champ économique, on voit également apparaître une économie alternative et complémentaire au « mainstream ». Celle-ci ne se focalise pas sur la privatisation (et la vente) des idées et des contenus, mais plutôt sur leur diffusion ouverte et libre. L’accent est alors mis sur la capacité « virtueuse » de la circulation des savoirs à enrichir les réseaux humains et produire une richesse plus distribuée.
VK : Et quid de la démocratie représentative ? Pensez-vous qu’elle soit appelée à disparaître ? Pensez-vous que nous nous dirigeons vers une autre organisation du pouvoir politique ?
LG : De nouvelles formes de représentation, complémentaires à la démocratie représentative, vont être nécessaires. L’usage des TIC et de la multicanalité peut multiplier les occasions de « prise de parole », mais aussi les processus participatifs « physiques ». Ceux-ci ont besoin de se renforcer pour donner de l’oxygène à la démocratie représentative et essayer de combler le déficit démocratique. Mais en même temps, certaines personnes ne veulent pas participer au débat public. Et elles doivent avoir le choix de ne pas participer, de déléguer et de se faire représenter.
Autre danger de la disparition de la démocratie représentative en faveur de la seule démocratie directe : le risque que les plus faibles, les plus démunis ne soient pas représentés. La démocratie deviendrait alors élitiste.
VK : Mais c’est déjà vrai dans notre système représentatif et plus encore à l’heure actuelle. D’une part, les plus humbles ne sont pas représentés, mais en plus, les décisions prises semblent servir les intérêts des nantis et pas obligatoirement du plus grand nombre.
LG : Je pense que nous devons parler de complémentarité des systèmes. Ici, cela dépend également de l’éthique et de l’ensemble de valeurs qui orientent les décisions politiques. Par exemple, avec ou sans technologies, certaines formes de participation peuvent être plus adaptées à une démocratie locale/de proximité et beaucoup plus difficilement à la représentation nationale.
Ainsi, les processus de démocratie participative s’appliquent très bien à l’urbanisme de proximité, aux questions liées à l’environnement, et au budget participatif de la collectivité... Des instruments nouveaux et des modalités diverses doivent être recherchés et expérimentés, comme les laboratoires de quartiers, les forums, les groupes de travails sur des thèmes spécifiques intéressant les habitants... On voit notamment apparaître de nouveaux professionnels de la politique, comme les médiateurs des processus on line et « off line ». Les modalités d’exercice du pouvoir peuvent varier en fonction de la nature de la décision, de son contenu, du territoire sur lequel elle va s’appliquer. Je crois vraiment à une démocratie continue, à une pratique continue de l’exercice démocratique du pouvoir. Même si cela peut être très exigeant !
VK : Vos responsabilités au sein de la commune de Bologne vous permettent d’expérimenter ces formes nouvelles de participation. Pouvez-vous nous donner quelques exemples d’actions entreprises dans ta ville ?
LG : L’exemple le plus concret qui me vient à l’esprit est celui de l’urbanisme participatif. La participation des habitants a été véritablement étonnante. Il est vrai que c’est une tradition très ancienne en région Emilie Romane que de favoriser la participation des individus.
Dans le domaine de l’urbanisme, la commune est en train d’adopter le plan général pour la ville et ceci dans une perspective de long terme (10/15 ans). C’est un document essentiel qui touche à toute la vie de la communauté, du développement économique à l’environnement, en passant par les écoles et les transports. On a voulu mettre en place une plateforme de débat citoyen autour de l’élaboration de ce « master plan ». L’un des aspects concernait l’organisation d’un grand forum associatif, mais également la mise en place de réunions, y compris au niveau des quartiers, sur des thématiques précises. Une des choses très intéressantes était la mise en lumière des dynamiques de négociation. Dans la plupart de ces consultations publiques, chacun parle pour soi. L’individualisme des besoins et des désirs prévaut, ce qui aboutit souvent à un réel chaos. Et dans l’espace virtuel, le risque est encore plus fort. Aucune décision politique « bottom up » partagée et négociée n’est possible. Il a donc fallu recourir à des médiateurs et à des facilitateurs, tant sur les réseaux (le site, le forum on line pour le débat) que dans les quartiers, où on a mis en place des laboratoires participatifs. Ceux-ci regroupent des techniciens, experts dans la thématique traitée mais neutres par rapport aux possibles résultats, qui n’imposent pas leur point de vue mais qui expliquent pourquoi les propositions des citoyens sont techniquement possibles ou impossibles à mettre en œuvre. Ils proposent également des alternatives et sont capables de « traduire » la multiplicité des positions différentes en solutions praticables.
Nous avons donc provoqué l’apparition de véritables « écoles de la démocratie » sur des cas concrets. Car à côté des grands débats sur le plan d’occupation des sols, se sont organisés des débats plus concrets à l’échelle d’un quartier, sur des sujets plus précis, comme la réhabilitation, le bâtiment d’un centre culturel, etc. C’est dans cette participation de proximité que nous avons constaté la plus forte implication des individus et pas seulement des associations.
VK : Vous semblez souligner l’importance des accompagnements humains et des réunions bien réelles et non virtuelles dans ces processus de consultation locale. Les technologies ne semblent pas être, à vos yeux, déterminantes.
LG : A l’heure actuelle, la démarche est de transposer des mécanismes réels, existant dans la vie des gens, directement dans le virtuel, sur les réseaux. On tente par exemple de transposer sur Internet des modes de participation existant en réunion de quartier (assemblée délibérative...). Et cela freine nos imaginaires. Au lieu de faire dans le parallélisme, l’idéal serait certainement de s’interroger sur ce que l’on peut faire de nouveau par et via les réseaux numériques, notamment en explorant des façons originales d’interagir et de nouvelles règles de déroulement des processus délibératifs.
Il faudrait pouvoir inventer d’autres formes de participation propres au virtuel. Nous sommes en train de réfléchir à d’autres canaux, tels que le téléphone mobile, la télévision numérique ou la radio. C’est la partie de ce travail qui est la plus imaginative mais aussi la plus difficile.
Leda Guidi et Véronique Kleck